samedi 29 novembre 2014

Brève canine


Donc comme tu le sais déjà, on a un chien a la maison.

Un petit chien qui s'appelle Penny, et ce suite à un plan de Maria qui a mal tourné.

Car quand Richard et Maria sont allés chercher leur chien à la SPCA, ledit chien avait déjà un nom (Penny, donc). Mais comme c’était encore qu'un tout petit chien qui comprenait rien à la vie, les gens de la SPCA leur ont dit qu'ils pouvaient parfaitement lui donner un autre nom.

Sauf que Richard aimait bien Penny, mais Maria non. Maria voulait l'appeler Sophie, mais Richard ne voulait pas, parce qu'il a raison c'est horrible.

Or donc ils se bagarraient gentiment et personne n’était d'accord pour céder.

Et c'est là que Maria, forte de son idée supérieure, a proposé à Richard:

- Si c'est comme ça, on n'a qu'à faire voter la maison! C'est plus équitable.

Après plusieurs propositions de noms (tous cruellement rejetés), on s'est donc retrouvés avec un référendum "Sophie ou Penny?".

Sauf que Maria était persuadée que tout le monde allait se ranger à son avis, et qu'en fait on a tous massivement voté contre sa proposition.

A trois voix contre une, le chien s'est donc appelé Penny, malgré les tentatives de rattrapage désespérées de Maria:

- Vous savez, si on veut changer son nom, c'est encore possible, hein!
- Laisse tomber, Maria.

- Tu sais, j'ai fait l'expérience, et quand je l'appelle "Penny" elle ne répond pas, mais quand je dis "Sophie" elle répond tout de suite! Je pense qu'elle préférerait s'appeler Sophie.
- Tourne la page, Maria.

Penny est donc le petit chien le plus mignon du monde, mais d’après son rythme de croissance, je pense qu’elle sera bientôt le chien GIGANTESQUE le plus mignon du monde.

Ce qui a surpris tout le monde, car les gars de la SPCA nous avaient dit qu'elle ne grandirait pas trop.

Enfin, ça a surpris tout le monde, sauf Professeur Flaxou, à qui on ne la fait pas:

- T'as vu la taille de ses pattes? Je suis pas expert canin, mais même moi je peux te dire que ce sera un grand chien.
- Tu penses qu'à la SPCA ils savaient pas?
- Non. Je pense qu'à la SPCA ils ont des chiens à fourguer, que tout le monde veut des bébés, et que personne ne veut des gros chiens, alors je pense qu'ils leur ont dit ce qu'ils voulaient entendre pour que quelqu'un l'adopte.

Ce qui est fort probable, parce que Penny, a cinq mois, fait déjà la taille d'un chien moyen adulte, alors je pense bien qu'on va se retrouver avec un mastodonte.

Mais maintenant c'est trop tard pour la ramener, tout le monde l'aime.

(Ils sont futés, à la SPCA.)

Tout le monde l'aime même si elle est devenue une véritable pickpocket, cf. ma gueule enfarinée tous les matins du monde :

- Z’avez pas vu mon chausson droit ?
- Mais putain je suis pas folle, je l’avais mise à sécher juste là, ma chemise de boulot !
- Z’avez pas vu mes collants bleu marine ?
- Fla, mon bandeau pour dormir, c’est toi qui l’as pris ?
- Z’avez pas vu ma culotte Batman ?

Réponse a ces questions: Penny, Penny, Penny, Penny, Penny. Qui choure mes affaires pour dormir avec.

(Je me fâcherais bien, mais je suis trop flattée.)

Du coup, maintenant, finie la présomption d’innocence : quand j’ai un truc qui manque, je vais cash dans sa cage.

(Oui, en Nouvelle-Zélande, on met les chiens dans des cages à l’intérieur de la maison. Pas tout le temps, mais la nuit, ou bien en journée quand y’a personne, on les enferme dans la cage au lieu de les laisser se balader.)

(Et bon, c’est un peu triste, mais faut dire qu’avec les chiots, ça évite quand même pas mal de mauvaises surprises.)

D’ailleurs en règle générale, les colocs la laissent dans la cage tant qu’ils ne sont pas disponibles à 100% pour la surveiller, ce qui me parait un peu excessif, mais en même temps moi je la laisse se balader toute la journée sans surveillance et en récompense j’ai des collants mâchouillés, alors bon, je suis peut-être un peu un gros jambon.

Mais qu’on se rassure, Penny n’est pas un chien délaissé. Au contraire, j’aurais presque tendance à dire qu’elle est trop choyée. Entre les friandises à 50 balles et les jouets high-tech que même mon PC il marche pas aussi bien, c’est limite du pourri-gâté.

(3615 je suis une vieille aigrie.)

(« De mon temps, les chiens s’amusaient avec un bâton, et ils étaient bien contents ! »)

 Non, en fait, y’a juste un truc qui me gêne avec l’élevage de Penny.

D’abord, j’ai dû me retenir pour ne pas rire au nez de Maria la première fois que je l’ai entendue parler à Penny en s’appelant « Maman ».

Mais ensuite je l’ai entendue parler de Richard en disant « Papa », et là, je suis désolée, mais j’étais quand même OBLIGÉE de me foutre de sa gueule, on est d’accord ?

(Parce que oui, si tu parles a ton animal de compagnie en te référant comme « Maman » ou « Papa », sache que tu es risible et grotesque, et tu mérites qu’on se foute de ta gueule.)

Mais bon, « Maman » et « Papa », c’est parfaitement ridicule, mais soit. Admettons. Beaucoup de gens font ça avec leurs animaux de compagnie (beaucoup de gens sont ridicules).

Par contre, le truc qui m’a fait recracher mon thé par les narines, c’est le jour où je parlais à Maria et où je lui disais que Penny avait eu de la chance de tomber dans un foyer aussi aimant. Ce à quoi Maria me répond :

- Oui c’est vrai, on est des bons parents!


NON.


PARDON MAIS LA, NON.



C’EST UN CHIEN ! TU ES SON MAÎTRE, PAS SON PARENT !

T’ES PARENT QUAND T’AS UN ENFANT HUMAIN, PAS QUAND T’AS UN PUTAIN DE CLÉBARD, BORDEL DE COUILLE !

AAAAAAAH !

Pardon, mais faut que je ventile, parce que c’est un des grands trucs qui m’exaspèrent dans la vie.

Pour les curieux, le top 3 des choses qui m’exaspèrent le plus dans la vie sont :

3. Les gens qui prennent leurs animaux de compagnie pour leurs enfants (voir ci-dessus).

2. Les gens qui traitent les autres comme des enfants ou des connards s’ils sont atteints de maladies/handicaps psychiques (Ça va de « la petite bête va pas manger la grosse » à « Mais faut pas déprimer, elle est belle la vie, t’as pensé à faire du sport/te couper les cheveux/trouver une meuf ? » (Rayer le conseil inutile)).

Pour rappel, le seul commentaire acceptable à annoncer si quelqu’un t’annonce sa maladie psychique, c’est « Han ça craint ». C’est tout. Pas besoin de conseils à deux balles ou de commentaires de merde type « c’est dans ta tête ». (Ils savent que c’est dans leur tête, c’est un peu le principe.)

Dans le doute, imagine ça comme une maladie physique, et demande-toi si un dialogue de ce type passerait bien :

- Et donc j’ai un cancer.
- Ah ouais, le voisin de ma mère il est diabétique.
- Oui mais ça n’a rien à….
- T’as essayé de prendre de l’insuline ?
- Ben non, mais je…
- Tu devrais essayer, pour lui ça a vachement bien marché !

Ou encore :

- Qu’est-ce qu’il fait chier celui-là avec ses « crises cardiaques » ! Juste pour faire son intéressant.
- Ouais, en plus il a trouvé un docteur qui l’a mis en arrêt pendant trois semaines, soi-disant pour une histoire de « pacemaker ».
- Pfff, nan mais des gens comme ça faut les virer, c’est pas possible.

Ou bien :

- Ah t’as Alzheimer ? Moi aussi !
- Ah bon ?
- Ouais, j’oublie tout le temps où j’ai mis mes clés.

(Est-ce que les dialogues ci-dessus te font passer pour un connard ? Ben voilà, c’est pareil.)

1. Les gens qui s’adressent aux autres en parlant à la troisième personne.


(« Ah salut ! Comment elle va ? » « Elle va comme un gros POING DANS TA GUEULE SALE ENCULÉ»)

(Pardon)

(Mais vraiment c’est la chose la plus horrible du monde)

(Pire que la famine, pire que la guerre, pire que le slip à ta mère)

(Ne le faites pas, okay ?)

Mais sinon, ça va bien (quand je pète pas un plomb intérieurement pour des histoires de noms mal placés).

Penny est toujours aussi mignonne, elle pue toujours autant par contre. Au début je comprenais pas comment c’était caninement possible de puer à ce point, et puis un jour on était au parc et je l'ai vue MANGER SON CACA.



(VOMIR)


Et alors ensuite, cerise sur le gâteau: alors que je partageais mon traumatisme tout frais avec des amis, voila que l'on me répond:

- Bah c'est normal hé, tous les chiens font ça!

SÉRIEUSEMENT?

TOUS LES CHIENS SONT DES GROS DÉGUEULASSES QUI BOUFFENT LEUR MERDE?

MAIS!!!

Mais pourquoi la question "chats VS chiens" se pose-t-elle encore?

Pourquoi y-a-t-il encore des gens asses tarés pour VOULOIR des chiens?

POURQUOI A-T-ON DOMESTIQUÉ CETTE ESPÈCE?

Alors là pardon, mais toutes les batailles futures "chat ou chien" sont réglées d'avance. La fidélité, l'amour, mon cul ouais. Y'en a un qui est doux et qui sent bon et l'autre qui MANGE SON CACA. Game over pour l’éternité.


(Bon, mais elle est quand même mignonne.)

(Quand elle mange pas son caca.)

mardi 18 novembre 2014

Chacho pique et Flaxou pue (et vice versa)


(Flaxou en train d'essayer de me faire un bisou, une illustration)

Et donc Professeur Flaxou est pourri de l’intérieur.

Pas « pourri » au sens métaphorique, style il a une personnalité de merde (c’est toujours le mari number one de l’univers, tu peux pas test).

Non non, pourri au sens littéral, genre y’a un chacal en décomposition à l’intérieur de son corps.

Du moins, c’est la seule explication qui me vient à l’esprit pour comprendre comment c’est possible que toutes ses secrétions corporelles schlinguent à ce point.

Alors bon, qu’on se comprenne bien, je suis pas une princesse non plus. Je sais bien qu’on lâche tous des caisses et que ça sent jamais Flower by Kenzo. (On a tous connu les prouts toxiques de ton père ou de ta sœur, qui te faisaient ouvrir grand les fenêtres de la Twingo sur l’autoroute des vacances parce que sinon tu allais mourir sur-le-champ.)

Mais jusqu’à ce que je rencontre Professeur Flaxou, eh ben par exemple, je ne savais pas qu’un rot, ça pouvait puer encore plus qu’un pet.

(Ma vie jusqu’à mes 17 ans n’était qu’un champ de roses.)

Sérieusement, je dis ça en tant que championne des éructations la bouche ouverte, mais pour moi,  un rot, à moins d’avoir bouffé une tête d’ail entière pour le petit déj, ça sent rien.

(Ou alors faut vraiment avoir la tête dans la bouche de la personne, en mode dompteur de lions.)

Mais Professeur Flaxou, lui, il a une usine à gaz moutarde dans le bide ou je sais pas, mais il lâche des rots qui te foutent les larmes aux yeux même quand t’es à l’autre bout de la cuisine.

(Ceci n’est pas une métaphore. Ceci est une anecdote réelle.)

(Sens ma douleur.)

Et encore, si Flaxou se nourrissait uniquement d’œufs périmés ou de roquefort, je pourrais comprendre. Mais le pire, c’est qu’il mange même pas des trucs qui puent ! Il déteste l’ail, il déteste l’oignon, et rayons fromage, il s’en tient à une sélection très stricte de gruyères et de cheddars.

Alors je te demande, POURQUOI ?

Pourquoi faut attendre 10 minutes après ses passages aux toilettes avant de pouvoir survivre sans tomber dans les pommes ?

Pourquoi ses rots après avoir mangé une salade verte et trois tomates cerise donnent plutôt l’impression qu’il a mangé du coyote séché assaisonné à l’ail des ours ?

Comment c’est possible sur un plan médical que ses prouts piquent les yeux comme du gaz lacrymo ?

(Tu noteras d’ailleurs sa réponse d’anthologie à Sarah, qui, lui demandant « sérieux, comment est-ce que ça te brûle pas le trou de balle quand tu pètes », avait répondu très sérieusement « Bah ça brûle à chaque fois, pourquoi c’est pas normal ? »)

Mais bon, faut avouer qu’au moins, Professeur Flaxou sent toujours la rose du dehors.

Son haleine est généralement toujours fraîche, ses pieds ont zéro odeur, et même après avoir fait du sport, je peux lui renifler les dessous de bras comme dans les pubs pour déodorants masculins, parce qu’il transpire presque pas du tout.

Et, autant l’admettre tout de suite, c’est pas vraiment le même son de cloche avec moi.

Entre l’haleine de marée basse des petits matins qui chantent, et mes pieds de Hobbit qui sentent le vieux fromage (big up à toi si t’as déjà roulé du déo sous ta plante de pieds) (pour ceux et celles qui se demandent : oui, ça marche – un certain temps seulement, mais ça marche), faut bien avouer que je suis pas exactement fraîche comme la rose du point du jour.

(Que celles qui sentent comme une usine de munster après une journée en ballerines lèvent la main.)


(All the smelly ladies, put your hands up.)

Alors je me plains parce que Flaxou pue du dedans.

Et Flaxou se plaint parce que je pue du dehors.

Du coup, on est un couple de puants qui se sont bien trouvés, finalement.



PS : Mais bon, après, faut prévoir le budget lessive en conséquence :

- Nan mais Flaxou, faut que tu changes les draps, c’est une infection !
- Je les ai changés la semaine dernière, c’est toi qui les a pollués avec tes pieds moisis !
- Moi ? Ben elle est bonne celle-là ! Qui c’est qui lâche des caisses velues dans la housse de couette ?
- Y’a des auréoles de ta vieille transpi plein les draps.
- Y’a des flaques de ta bave visqueuse plein les oreillers…. Plein MON oreiller !
- Oui, je me suis réveillé la nuit dernière et le mien était humide, alors j’ai pris le tien pendant que tu dormais.


- Bon d’accord, je vais faire la lessive.

Et toi, tu pues plutôt du dehors ou du dedans? (Ou des deux?) 

samedi 15 novembre 2014

Petite leçon de zénitude, Part II (le retour de la revanche)



Donc ça y est, je suis enfin officiellement une résidente Néo-Zélandaise.

Ça fait dix mois que j'attends ce moment, et pas seulement pour pouvoir enfin brandir mon passeport aux gens dans la rue en criant "RESIDENT! I'M A RESIDENT AHAHAHAHAA!" (ce que je fais depuis trois jours) mais aussi et surtout parce que MON DIEU JE PEUX ENFIN ME PLAINDRE CA FAIT DES MOIS QUE J'ATTENDS DE POUVOIR ECRIRE CET ARTICLE.

(Pourquoi ai-je attendu que ma demande soit acceptée avant de me plaindre du ministère de l'Immigration sur Internet? Parce que je suis peut-être bête mais je suis pas suicidaire, merci.)

Pour tous les choupinous qui s'imaginent venir en Nouvelle-Zélande et y rester toute leur vie à faire des câlins à des moutons dans le bonheur total, je me dois donc de vous prévenir de ce qui vous attend avant que faire se puisse.

Alors, concrètement, comment ça se passe pour avoir une résidence?

Eh bien il faut commencer par remplir ce qui s'appelle une EOI, ou Expression Of Interest: c'est un pré-dossier qui sert à dire à l'Immigration "Eh, votre pays il est cool, je peux y rester genre pour toujours?". Il est assez facile à établir parce qu'on te demande grosso modo les mêmes infos et documents que pour un Visa Travail.

Une fois le EOI envoyé (ka-ching 350 dollars de frais non remboursables dans ta pomme), ton dossier est ajouté à la pile d'autres demandes. Le ministère de l'Immigration pioche alors les meilleurs dossiers dans le tas, donc ceux qui cumulent le plus de "points" (t'as des points pour tes diplômes, des points pour l'expérience de boulot, des points pour les membres de ta famille qui vivent en Nouvelle-Zélande, des points pour ta bonne santé, etc.)

(Oui, si tu es en mauvaise santé, ça t'enlève des points, c'est parfaitement discriminatoire.)

Une fois le dossier soumis, on reste plus ou moins assis sur nos culs pendant trois mois, parce que c'est l'Immigration qui va décider, dans le cas où ils choisissent ton dossier, de te recontacter. Si t'as pas de nouvelles, eh bah désolé gros, c'est 350 dollars dans ton cul et tu peux envoyer une nouvelle demande l'an prochain.

Dans mon cas, Hosanna au plus haut des cieux, mon dossier a été choisi, et j'ai donc reçu un mail de l'Immigration avec le dossier complet à soumettre dans les 4 prochains mois.

J'ai mis un mois à rassembler tous les documents nécessaires (ka-ching 600 dollars de frais de traduction), puis j'ai envoyé le tout à l'Immigration (ka-ching TROIS MILLE DEUX CENTS DOLLARS de frais de dossier non remboursables). Puis j'ai très vite reçu un email qui me disait en substance:

"On a bien reçu tous les papiers, on vous recontactera quand tout sera fait. A bientôt, gros bisous!"

(Bon j'ai ajouté le "gros bisous", mais le ton y était.)

J'ai patienté un mois et demi, puis j'ai reçu un e-mail d'une dame qui m'expliquait qu'elle avait été assignée à mon dossier la veille (qu'est-ce que le ministère de l'Immigration a bien pu branler pendant un mois et demi, l'histoire ne le dit pas) et m'annonçait les choses suivantes:

1. Paraît-il que je n'avais pas fourni de preuves de ma relation conjugale depuis mon arrivée en Nouvelle-Zélande, et qu'il fallait donc que j'envoie des preuves IMPÉRATIVEMENT TOUT DE SUITE SOUS PEINE DE MORT IMMINENTE.

Ce qui serait rigolo si j'avais pas garni mon dossier d'une lettre de nos colocs (expliquant que oui, Professeur Flaxou et moi on vit bien ensemble, on partage une seule chambre, des fois même ils nous entendent baiser alors bon j'vois pas ce qu'il te faut de plus), d'un relevé de banque de notre compte commun mentionnant nos deux noms, et d'une tripotée de photos qui laissent peu de place au doute concernant l'endroit dans lequel on se trouve :




(Mmmmmh, l'océan, des fougères partout....les Ardennes peut-être?)


(Oui, la Corrèze, sans aucun doute.)


(Alors, là, aucune idée....Vesoul? Thionville? Chambéry?)

Alors j'étais déjà passablement vénère que cette meuf ait de toute évidence même pas regardé l'intégralité de mon dossier avant de me balancer ses âneries, mais je te jure que c'était rien comparé à la suite de l'e-mail.

Dans la suite de l'e-mail, donc, madame Administration (bien vite renommée par mes soins "Connasse") m'expliquait que mon diplôme n'était pas reconnu par le ministère de l'Immigration, parce que mon université n'était pas reconnue. Et que donc je devais régulariser ma situation fissa en envoyant 450 dollars de frais de dossier et 500 dollars de traductions au département concerné, pour qu'ils fassent une petite recherche Google avec leurs gros doigts boudinés et qu'ils m'annoncent:

- Oui. Cette université existe. Heureusement qu'on était là pour vérifier, dis donc.

Ce qui en soi est déjà passablement énervant.

Sauf que.

Sauf qu'il existe une liste d'universités déjà reconnues par le ministère de l'immigration. Et que mon université est dans la liste. (Hallelujah!)

Mais....sous son ancien nom de Marc Bloch.

(Or, Marc Bloch a fusionné avec les autres universités de Strasbourg en 2009, et mon diplôme porte donc le nom "Université de Strasbourg".)

Donc, comme j'avais déjà raqué presque quatre mille dollars de frais de dossier non remboursables pour cette demande (qui pouvait encore m'être refusée à tout instant, je précise pour les naïfs qui penseraient que du moment que tu débourses une somme d'argent pareille, tu es en droit de t'attendre à un minimum de sécurité) j'avais pas spécialement envie de jeter 950 dollars en rab, pour le fun.

J'ai donc fort gentiment envoyé un mail à madame Administration en lui disant:

- Bonjour, l'Université de Strasbourg c'est le nouveau nom de Marc Bloch, voici un papier de la fac attestant du changement de nom et signé par le président de l'université. Maintenant vous seriez bien gentille d'arrêter de me traire comme une vache à lait, ci-mer.

Mais madame Administration a bien vite répliqué, en me disant la chose suivante :



En gros, ça dit:

- Bonjour, en fait on reconnaît que le nom de Marc Bloch et pas l’Université de Strasbourg, c'était bien tenté mais va te faire foutre.

(Pardon, Marc DE Bloch.) (Même pas foutue de lire sa propre liste, c'est quand même malheureux.)

Alors du coup j'ai un peu crié sur madame Administration par ordi interposé:



Et puis je me suis calmé, j'ai un peu pleuré ma misère, et j'ai envoyé mes derniers sous au gouvernement pour qu'ils me chient leur papier de merde, là.

MAIS comme je suis une fille tenace, j'ai quand même tenté de joindre madame Administration au téléphone pour lui demander des explications sur le pourquoi du comment.

Après trois jours infructueux et huit messages sur répondeur (qui disaient tous "rappelez-moi c'est urgent je vais mourir très bientôt"), je me résignai donc à envoyer un mail à madame Administration, dans lequel je lui racontai:

- Bonjour, conformément à votre e-mail précédent, j'ai fait une demande de reconnaissance de mon diplôme (preuves à l'appui). Par contre, est-ce que vous pourriez m'éclairer sur la raison pour laquelle mon université ne se trouve pas dans la liste? J'ai du mal à comprendre pourquoi le gouvernement refuse de reconnaître la même université sous un nom différent, quand il reconnaît les anciennes instances de la même institution.

Et là, je te demande de t’accrocher pour le mail de réponse de madame Administration.

Attention, remonte sur l'email précédent, et c'est parti pour le jeu des 7 différences!




(Oui, la police d'écriture est maintenant en bleu, bien joué!)

OK, donc en gros, la meuf me fait un copier-coller de son précédent email et me dit grosso modo ça:

- Meuf, j'en ai tellement rien à foutre de ta gueule que je vais même pas me faire chier à te donner une vraie réponse, je vais juste copier ce que je t'ai déjà dit, à savoir: ton université n'est pas sur la liste parce que va te faire foutre. Maintenant si tu pouvais fermer ta gueule ce serait parfait.

A ce stade, j'étais un peu comme ça devant mon PC:



Okay, donc laisse-moi résumer pour être sûre que j'ai bien compris:

La liste "récente" des universités (qui date de DEUX MILLE ONZE) ne mentionne pas mon université, même si elle a été rédigée après la fusion (en 2009). Le gouvernement est donc au courant de la fusion depuis maintenant CINQ ANS, mais n'a toujours pas ajouté l'Université de Strasbourg sur sa liste, parce que....?

La raison, on ne me l'a toujours pas donnée, mais je l'ai trouvée moi-même comme une grande:

Parce que si on la met sur la liste, tu ne paieras plus.

Et tant qu'on refuse de la mettre sur la liste, t'es obligé de payer une blinde.

Alors tu te doutes bien qu'on va faire traîner le processus aussi longtemps que possible, de toute manière on n'a de comptes à rendre à personne, maintenant allonge le fric, écarte les fesses et attends que ça passe.




(Une illustration du gouvernement néo-zélandais en attente de ses frais de dossier.)

Alors bon là, évidemment, je ventile ma colère, et j'ai pas peur de traiter le gouvernement de bande de gros caïds dont les méthodes d'extorsion feraient rougir la mafia russe elle-même, mais ça c'est parce que je l'ai finalement obtenue, cette résidence.

(Dix mois et des tonnes de sous plus tard, merci bien.)

Donc maintenant, je suis à l'aise dans mes baskets, en mode fuck le système:



Mais crois-moi qu'à l’époque, je faisais moins ma maligne.



Bref.

Mes aventures n'étaient donc pas finies à ce stade, puisqu'il me fallait maintenant croiser le fer avec la NZQA, alias l'organisme gouvernemental qui est chargé de reconnaître la validité des diplômes obtenus à l'étranger, en leur attribuant des équivalences néo-zélandaises

J'ai donc envoyé un autre dossier, qui comprenait mes diplômes originaux, une traduction officielle, ainsi que TOUS mes relevés de notes de tous mes semestres de fac, et même ceux du Bac, eux aussi accompagnés de leur traduction.

(Avis aux gens qui veulent déménager en Nouvelle-Zélande et se demandent quels papiers emmener avec eux: la réponse est TOUT. Sérieusement, emmène tous les papiers qui mentionnent ton nom quelque part. Les factures de gaz, les bulletins de troisième, la fiche de paye de ton job d'été chez Carrefour en 2005, la déclaration de JAPD, le carnet de santé, ton passeport périmé, emmène TOUT.)

Un courrier recommandé et 950 dollars plus tard (à ce moment j'avais arrêté de pleurer sur mon argent perdu, sinon ça fait couler mon maquillage et oh tu crois que j'ai les moyens de racheter du mascara?), mon dossier arrive au QG de Wellington et on m'indique :

"Salut Charlotte, on a bien reçu votre dossier. La procédure de vérification prendra environ 35 jours ouvrables, merci de votre patience, gros bisous, amour et paix sur la terre."

A ce stade, je te le dis, j'étais confiante, j'étais zen, la vie était un champ de fleurs.

Trente-cinq jours ouvrables plus tard, je faisais moins la fête.

Sans réponse, j'ai donc gentiment appelé la NZQA, où la dame de la réception me dit:

- Ah oui! Votre dossier vient tout juste d'être assigné hier!
- Ah bon? Mais ça fait déjà 35 jours que vous l'avez reçu!
- Ah oui oui, on est super débordés en ce moment, oh là là, vous avez pas idée du retard qu'on a sur les dossiers.

(L'honnêteté Kiwie m'étonnera toujours.)

J'ai donc ensuite été transférée à Cathy, la dame qui s'occupait de mon dossier, et qui m'a très logiquement indiqué que bah désolée, mais elle a reçu le dossier hier donc elle a pas encore trop eu le temps de s'y mettre.

Une semaine plus tard, j'ai reçu un email de Cathy m'annonçant:

- Bon alors je suis en train de faire les vérifications, mais alors je comprends pas ce que c'est qu'un "DU" ou "Diplôme d'Université". Je n'arrive pas à trouver d'information sur le site du Ministère français de l'Education Supérieure. Vous pouvez m'aider à clarifier ce que c'est comme diplôme?

Et franchement, j'ai pas envie de dire du mal de Cathy, parce que c'était une dame vraiment sympa et qui faisait du mieux qu'elle pouvait avec les moyens qu'on lui donnait.

Par contre, j'ai très très envie de dire du mal de NZQA, l'organisme qui m'a taxé 450 dollars de frais de dossier et qui est même pas capable de donner à ses employés de quoi faire leurs recherches convenablement.

Parce que, si ces 450 dollars ne passent pas dans des frais de recherche (comme d'engager quelqu'un qui parle français pour discuter avec la fac ou faire des recherches sur les sites français, par exemple), alors où va toute cette thune? Puisque visiblement, la seule "vérification" dont s'occupe la NZQA est grosso modo une recherche Google glorifiée, et que quand ça coince c'est à moi de tout leur chier dans les mains, j'ai du mal à comprendre à quoi sert tout le blé que je leur envoie en mode "make it rain" depuis des mois.




(Prends mon argent, PRENDS-LE!)

Mais bon, tout ça c'est pas la faute de cette pauvre Cathy, donc je lui envoie un gentil mail en lui expliquant ce que j'ai trouvé sur Wikipédia (sources fiables bonjour), à savoir qu'un DU c'est comme son nom l'indique un diplôme décerné par une université, et non pas par le Ministère de l'Education Supérieure, et que du coup il n'est pas officiellement reconnu par l'Etat Français, mais sur le marché du travail.

Là, pour être tout à fait honnête, je m'attendais à ce qu'il y ait une couille dans le potage. Du style:

- Han mais si c'est pas reconnu par l'Etat français alors comment voulez-vous qu'on l'accepte!

Puis:

- Han mais si la NZQA n'a pas reconnu l'intégralité de vos diplômes alors comment voulez-vous qu'on vous donne la résidence!

Mais il s'avère que sur ce point j'ai été mauvaise langue, puisque quelques jours plus tard à peine, j'ai reçu mon évaluation NZQA, que j'ai envoyée fissa à l'Immigration.

Et là, j'avoue, j'étais peinarde. Parce qu'on était en septembre, que j'avais encore trois mois avant l'expiration de mon visa travail, et qu'il ne restait plus qu'une seule procédure pour l'Immigration: contacter mon employeur.

Mais les embûches n'étaient toujours pas finies (sinon ce serait pas drôle).

Car, avant de contacter mon employeur, la connasse de l'administration m'envoie un mail disant:

- Bonjour Charlotte, d'après votre dossier vous avez indiqué occuper le poste code A344B, seulement voilà c'est pas possible parce que c'est un poste qualifié que que vous, vous êtes payée pire qu'une employée de chez Burger King. Donc choisissez un autre poste de niveau inférieur, ci-mer.

Là j'étais bien embêtée.

Parce que l'Immigration te file une liste de postes avec des codes, et les emplois ont des paliers en fonction de leur nieau de qualification. On a donc :

- Level 1: niveau Bac + 3 et supérieur, ou 5 ans d'expérience
- Level 2: niveau Bac, ou 2 ans d'expérience
- Level 3: niveau "je sais à peu près lire et compter"

Or, moi j'avais choisi le poste qui décrivait mon boulot, et qui était Level 1. Ce que je ne savais pas (car ces coquinous de l'Immigration ne le montrent pas sur leur site) c'est que les "Levels" reflètent non seulement le niveau de qualification, mais aussi les salaires.

Et la dame de l'administration de m'expliquer donc que c'était pas possible avec mon salaire de prétendre à un poste Level 1, puisqu'il aurait dû être TROIS FOIS plus élevé.

(C'est toujours sympa de se rendre compte à quel point on se fait baiser par ses employeurs.)

Du coup, j'ai envoyé un email à la madame (puisqu'elle est pas joignable par téléphone, rappelle-toi) en expliquant que OK j'étais pas super bien payée, mais que ce boulot c'était réellement mon boulot, et n'y avait-il pas moyen de passer au bureau pour vérifier que ce que je disais était vrai?

Chose à laquelle elle a répondu:

- Effectivement, on pourrait faire ça. Mais s'il s'avère que vous occupez réellement un poste de Level 1 sans avoir le salaire adéquat, votre entreprise serait alors frauduleuse, et je serais forcée de mettre votre employeur en examen. Et pendant toute cette période, votre demande de Résidence serait suspendue.

Donc j'ai réfléchi. J'ai réalisé que mon visa travail expirait dans 2 mois, et qu'un nouveau visa travail ça me coûterait dans les 500 dollars. J'ai calculé que j'avais déjà dépensé 5100 dollars dans cette demande de résidence et que ça commençait à faire beaucoup, j'ai dit "fuck it" et j'ai rempli ma fiche avec un poste Level 2 de gros gogol, qui correspondait à grosso modo 5% de mon boulot.

(Ah, il a fière gueule mon dossier, avec un job qui dit "J'remplis des papiers et des fois j'agrafe des documents! Wouuuuh! Responsabilités!")

Ce qui m'a causé fortes angoisses et sueurs froides évidemment, parce que j'étais quasi-persuadée de me réveiller un matin face à un mail de l'Immigration me disant:

- Dis donc ma petite dame, vous en avez pas marre de nous faire perdre notre temps? On peut pas vous donner la résidence avec un job aussi minable!

(Puisque, rappelle-toi, les qualifications rapportent des points.)

Et puis on était fin septembre, et puis on était début octobre, et on était sur le point de partir en France et il ne restait plus beaucoup de temps sur le visa travail, et je commençais déjà à faire des cauchemars des flics me jetant les menottes et m'embarquant dans un charter pour Paris, quand soudain:


Un moment de paix, un moment de calme, un moment de joie et d'amour, un moment de répit dans cette galère: deux jours avant mon départ pour la France, ma résidence était enfin ACCEPTÉE.



Enfin, acceptée sous deux conditions (te réjouis pas trop vite):

1. Je devais envoyer mon passeport à l'Immigration pour qu'ils collent mon visa résident dedans (logique).

2. Je devais payer 620 dollars, parce que ta gueule, paye (un peu moins logique).

Et je ne déconne pas, c'est littéralement l'explication qu'on m'a faite, "il faut payer parce qu'on te demande de payer", c.f. ce magnifique email de l'Immigration:





Nan mais c'est cool, ça fait seulement CINQ MILLE SEPT CENT VINGT DOLLARS que j'aurai dépensé pour avoir cette résidence. Ça va, c'est pas abusé. Ça fait seulement 3600 Euros, hein, j'veux dire c'est normal de faire payer des immigrés 3600 Euros pour leur faire un visa. C'est pas comme si c’étaient des gens qui venaient avec zéro sous et des yeux pleins d'espoir pour chercher une vie meilleure, surtout.

Mais bon ça va, c'est des sous qui vont servir à donner des cours d'anglais aux gens qui ne parlent pas la langue, et à faire des études sur l'impact de l'immigration (Tu le veux, mon impact? Un putain de cratère sur mon compte en banque, ça te va comme impact?)

Bref.

C'est pas grave, maintenant tout ça c'est derrière moi, je suis résidente permanente, joie et bonh....

Ah non.

En fait non.

EN FAIT PAS DU TOUT.

En fait je suis résidente permanente... mais seulement si je ne quitte plus jamais le sol néo-zélandais.

Explications: les visas résidence sont techniquement valides indéfiniment, MAIS la libre circulation du résident en dehors du territoire, elle, a une date d'expiration.



Ça veut dire que, pendant deux ans, je suis peinarde et je fais ce que je veux. Et ensuite, a partir de fin 2016, mon visa est toujours valide, MAIS si je quitte la Nouvelle-Zélande ne serait-ce qu'une-demi journée, il expire et on ne me laisse plus rentrer.

Donc, pour éviter cette situation quelque peu fâcheuse, une fois mon permis de voyage expiré, je vais devoir faire une demande de résidence permanente, qui, elle, me donnera libre circulation jusqu’à la fin des temps.

Comment obtenir la résidence permanente? Tres facile: il faut prouver qu'on réside en Nouvelle-Zélande depuis 2 ans (fiches de paie, factures etc.) et...il faut....allez, devine?




Gagné.


(Eh ben les enfants, on n'est pas sortis de l'auberge.)

Conclusion: la Nouvelle-Zélande, c'est le meilleur pays du monde, et je le pense toujours très sincèrement.

La criminalité est basse, le marché de l'emploi est dynamique, l'air est pur, y'a de la place partout, les gens sont gentils, y'a jamais besoin de se garer en créneau, toutes les rues sont propres, tout le monde sourit tout le temps, le harcèlement de rue n'existe pas, et bon, les paysages, j'ai pas besoin de te le rappeler.

Mais, au cas ou ça te donnerait envie de venir t'installer ici, j'ai quand même décidé de faire cet article. Pour te rappeler que le meilleur pays du monde, ça se MÉRITE.

(Dans le sang, la sueur et le pognon.)

Sur ce, je te laisse, je vais manger des pâtes à l'eau.

(Pendant genre trois mois.)

A bientôt pour de nouvelles aventures!

lundi 10 novembre 2014

Rapport Alsacien, partie II: guilt trip, latin et téquila


Donc rassure-toi, pendant mon temps en Alsace, j'ai pas fait que bouffer et aller chez le médecin.

J'ai aussi passé du temps en famille, et j'ai savouré la joie des retrouvailles:

- Tu rentres quand, Chacha?
- Ben probablement pas l'an prochain, on n'aura pas les sous, mais sûrement en 2016...
- Nan j'veux dire tu rentres quand pour de vrai?

Quelque chose me dit que ma famille se lasse quelque peu de ma vie de nomade.

- Tu sais, ta sœur elle m'a dit "Quand je suis sur Skype avec Charlotte, je pleure à chaque fois que je raccroche".
- ....
- Elle m'a dit de pas te le dire pour ne pas te faire de la peine.
- ....
- Mais je me suis dit que ce serait bien, au cas où tu décides de rester plus longtemps, que tu saches que tu lui brises le cœur.

(sic)

C'est ce qui arrive quand on fait partie d'une famille dont les membres les plus éloignés vivent à 20 kilomètres.

Même ma mamie se joint à la grande Guiltfest 2014:

- Alors tu reviendras nous rendre visite en 2016?
- C'est pas encore sûr mais probablement.
- Ah oui. J'espère que je serai encore en vie d'ici là, hein.


Mais bon, il semblerait que mes visites annuelles soient la seule chose qui empêche encore ma famille de planquer de l'héroïne dans mes valises pour que je me fasse jeter de Nouvelle-Zélande, donc on va pas se plaindre, hein?

- C'est dommage quand même que tu restes que un mois.
- Ben c'est toutes mes vacances de l'années et tous mes jours de congés mis bouts à bouts.
- Ah ouais c'est pas beaucoup dis donc. Tu devrais revenir en France.

Nan, on va pas se plaindre.

- Et tu trouves du bon fromage là-bas?
- Oui, y'a du bon chèvre, du bon comté, mais après, c'est sûr qu'il y a pas de Munster ou de Raclette.
- Oh là là c'est affreux! Tu devrais revenir en France.

Non, on va pas se plaindre.

- Et tu vas souvent faire du shopping?
- Pas directement, parce que les magasins sont très chers, donc j'achète tout en ligne.
- Mais vous avez pas H&M?
- Non.
- Han l'horreur! Tu devrais revenir en France.

Je crois qu'en fait, on va rien dire.

- Et du coup t'as un peu voyagé en Polynésie?
- Non, j'aimerais bien, mais dès que j'ai des vacances, je viens ici...
- Ah oui mais bon c'est comme ça quand on est expatrié hein! Faut faire des choix!
- Je voudrais quand même bien faire du tourisme...
- Oui mais la famille ça passe avant tout.

Je crois qu'en fait, il vaut mieux que je ferme ma gueule.

(Et après, ils se demandent pourquoi je suis partie.)

Et puis, de l'autre côté du spectre, on avait la famille de Flaxou, en mode:

- Alors, pas trop dur, la séparation?
- Ah ben c'est sûr que c'est pas facile, mais bon, tant qu'il est heureux et en bonne santé.....



(Pendant ce temps, les têtes de ma famille.)

Mais je vais pas cracher dans la soupe, c'était quand même super cool de faire du shopping avec ma sœur, des balades avec ma mère, des tours en moto avec mon père, et à peu près UN MILLION de repas chez mamie.

En plus j'ai fait des trucs bien chouettes, comme aller voir la ferme où est né mon papy, sur les hauteurs de Fréland:





Ou encore me lier avec ma nièce, deux ans, qui m'a reconnue à mon arrivée grâce au lavage de cerveau constant de ma soeur (à base de "qui c'est qu'on va voir dans deux semaines? C'est tata!" "Qui c'est qu'on va voir dans une semaine et six jours? C'est tata!")

Bon, du coup, ça a presque marché, sauf qu'elle m'appelle "Caca" (charmant).

(En même temps, elle appelle mon père "Pipi", donc ça fait ton sur ton.)

Mais bon, j'ai pas seulement revue ma famille, j'ai aussi revu tous mes amis.

Je suis allée à l'événement du siècle (au moins), à savoir le mariage de Marie et Jean.

Faut savoir que je connais Jean depuis le CE2 et Marie depuis la Seconde, ça te donne une idée de mon bonheur au vu de leurs épousailles.

(Deux de mes amis se sont mariés ensemble et je vis en colocation, ma vie est officiellement la série Friends.)

(Bonheur complet et total.)

Alors on a tous bien kiffé le mariage, même la messe d'une heure et demie (EN LATIN!).

(Ouais j'ai des amis grenouilles de bénitier, ça va, je le vis bien.)

(Sauf quand on me fait assister à des messes d'une heure et demie EN LATIN.)

Et encore, moi ça allait, j'étais à l'école catholique quand j'étais petite, donc je connais un peu les principes de base d'une messe. Mais Professeur Flaxou, en bon païen, était un peu largué:

- Cha! C'est quoi ce bouquin?
- C'est le missel.
- Ça sert à quoi?
- Ça te donne les textes et les chants qu'il va y avoir dans cette messe.
- ...
- Un peu comme le programme au théâtre.
- ....
- Un peu comme le tuto dans un jeu vidéo.
- Ah! J'ai compris.

Mais j'avoue que, même moi, forte de mes dix ans d'école catholique, j'étais un peu larguée avec les chants en latin (d'autant que, ma connaissance des prières étant déjà limitée au "Notre Père" et au "Je Vous Salue Marie", laisse-moi te dire que ma connaissance des chants liturgiques, c'est zéro pointé).

Alors au début de la messe, j'étais un peu rassurée, parce qu'on était assis à côté de nos amis hérétiques qui pinaient rien non plus. Et puis, derrière nous, il y avait toute une brochette de jeunes de notre âge, donc je me disais qu'au moins on serait pas les seuls à galérer.

Et puis la messe a commencé, et putain, les gars de derrière, ils connaissaient tous les chants! Ils faisaient les harmonies et tout! Ils savaient quand il fallait se lever, quand il fallait s'asseoir, quand il fallait répondre des choses en latin au prêtre! La folie.

(Moi qui pensais qu'il suffisait que j'évite les vieux pour me retrouver entre athées.)

(Dupée par ma propre génération.)

Et Flaxou à côté de moi n'en menait pas large:

- Cha? C'est normal de connaître les prières en latin?
- Chut!
- Moi je connais rien.
- ....
- Cha? Si je connais pas l'air je dois chanter quand même?
- Non, t'es pas obligé.
- Cha?
- Quoi encore?
- Je dois faire pipi.

Mais finalement, c'était la fin de la messe, et on est tous partis de l'église en sentant bon l'encens, pour aller à la réception.

Avec une petite pause chez Nono, histoire de laisser aux impies le temps de digérer la messe:



Et histoire de laisser Nono apaiser ses pieds en feu (ah oui mais les nouvelles chaussures à talons, ça a un prix, ma petite dame) en prenant un bain de pieds dans son lavabo:




(Nono et la rançon de la gloire.)

Mais bon, pour revenir aux choses sérieuses, c'était un mariage magnifique (qui m'a fait réaliser pleinement à quel point Professeur Flaxou et moi on avait fait un mariage de prolos/gitans, ambiance pique-nique et nappes en papier) et Marie était la plus belle mariée que j'aie jamais vue (et oui, je m'inclus dans ce compte) (et pourtant dieu sait comme j'étais belle) (mais vraiment Marie elle pète tout).

J'ai aussi revu tous mes amis du lycée, ce qui m'a permis de réaliser que:

1. On fait bien de devenir amis avec des nerds, parce qu'après ils deviennent tous des gens bien. (Pas le genre d'amis que tu as honte de voir sur Facebook)
2. Du coup, en fait, l'amie honteuse, c'est moi.

Puisque tous mes amis du lycée ont soit un Doctorat, soit (au minimum) un Master d'une Grande Ecole, qu'ils bossent tous dans des domaines très compliqués (la finance, la physique, la chimie informatique, les mathématiques appliquées) (les MATHÉMATIQUES APPLIQUÉES) et que moi je fais du suivi de commandes et du service client.



(Mais en Nouvelle-Zélande! Ha! L'honneur est sauf.)

J'ai aussi revu plein de copines de fac, et j'ai adoré retrouver Strasbourg, ma ville d'amourg:

- Alors ça fait du bien d'être à Stras?
- Ah ouais trop!
- Qu'est-ce que tu veux faire en prem....
- LE TARBOUCHE!!!!




(Imagine un AAAAAAAAH de satisfaction intense pour accompagner cette image)

Je pense que, dans l'ordre des choses qui me manquent le plus en France, on a

1. la famille,
2. les amis,
3. le Tarbouche,
4. les Schoko-Bons,
5. le fromage, et
6. les trucs pas importants comme la culture, la Sécu et le droit du travail.

(Mais le TARBOUCHE quoi.)

Et puis évidemment, ce furent les retrouvailles avec Sarah, ma meilleure copine dans le monde entier, et puis comme toujours avec elle, ce fut le choc des cultures:

- Tu viens samedi soir? Gaëlle fait une soirée teq paf.
- Une soirée?
- Ouais.
- Où on boit de l'alcool?
- Ouais.
- Chais pas. Moi d'habitude, mes samedi soirs, c'est tisane, Skyrim, une série et au lit à 23 heures. Là c'est....radical, quoi!
- Pourquoi je suis ton amie?

Du coup je suis arrivée à la soirée super remontée, en mode "Han je suis trop une adulte je vais boire de l'alcool fort et tout, la folie!"

J'ai quand même bien rappelé à tout le monde en arrivant que j'étais une grosse chochotte de l'alcool et que si je buvais trop de shots j'allais vomir, donc qu'il fallait y aller mollo sur le dosage avec moi. Chose que Margot a pris comme un défi (mais je ne le savais pas).

Mes souvenirs de la soirée sont donc les suivants:

1. Je me rappelle dire aux filles de doser moins forts les shots.
2. Je me souviens d'avoir continué à boire des shots.
3. Je me souviens d'avoir crié "Nan mais sérieux y'a que moi qui ai des poils dans la raie du cul, nan mais vous vous foutriez pas un peu de ma gueule?"
4. Je me souviens d'avoir dit que là c'était bon et qu'il fallait plus me servir à boire.
5. Je me souviens d'avoir continué à boire.
6. Je me souviens d'avoir raconté à tout le monde que j'allais pas vomir parce que c'est pas mon genre et de toute façon j'avais pas vomi depuis 2012 (date de mon enterrement de vie de jeune fille où ils servaient du rosé gratuit, et pendant lequel je me rappelle confusément me tenir debout dans les toilettes du bar à côté du séchoir à mains et raconter à chaque fille qui passait que j'allais pas vomir parce que c'était pas mon genre et de toute façon j'avais pas vomi depuis 2007) (date de mon retour de Russie où je me sentais trop immunisée à la vodka alors qu'il s'est avéré que pas du tout, où je me rappelle confusément de gens qui se moquaient de moi, et c'est à peu près tout).
7. Je me rappelle avoir vomi dans l'évier de Gaëlle.
8. Je me rappelle m'être excusée platement devant Gaëlle pour avoir vomi dans son évier.
9. Je me rappelle avoir assuré à tout le monde que ça allait beaucoup mieux maintenant.
10. Je me rappelle avoir re-vomi dans l'évier de Gaëlle.
11. Je me rappelle m'être excusée platement devant Gaëlle pour avoir vomi deux fois dans son évier.
12. Je me rappelle avoir bu un litre d'eau en une fois "pour éponger".
13. Je me rappelle avoir vomi de l'eau dans l'évier de Gaëlle.
14. Je me rappelle m'être excusée platement devant Gaëlle pour avoir vomi trois fois dans son évier.
15. Je me rappelle de Margot super fière de m'avoir fait vomir et qui me racontait qu'en fait elle avait exprès dosé mes shots plus forts que ceux des autres.
16. Je me rappelle de Margot essayant de se faire la malle de chez Gaëlle avec une plante verte.
17. Je me rappelle de Sarah en train d'essayer de m'empêcher de marcher sur la route.
18. Je me rappelle avoir mis une-demi heure à parcourir quatre cent mètres.
19. Je me rappelle rentrer dans la maison, dire à voix haute "Ha putain mais chuis trop bourrée quoi!" et puis rigoler toute seule pendant environ 5 minutes parce que je trouvais la situation irrésistiblement drôle.
20. Je me rappelle de m'être réveillée dans mon lit avec une haleine de poney et un bleu mystérieux sur la cuisse, mais pas de gueule de bois.



En résumé, on peut tirer de cette histoire que :

- Décidément je suis pas une personne à gueule de bois, c'est cool.
- La téquila fait son entrée sur ma liste des boissons maléfiques (après la vodka et le rosé, si tu suis bien)
- Les amies de Sarah sont des sacrées fourbes (sauf Gaëlle qui est gentille parce qu'elle m'a pardonné d'avoir vomi dans son évier) (et Lucie parce qu'elle est moi on est trop des jumelles séparées à la naissance) (en fait je dis ça juste parce que je sais que ça va rendre Sarah jalouse) (mais Lucie déchire tout quand même)
- Maintenant je vais devoir dire que j'ai pas vomi depuis 2014, ça pue du cul, c'est carrément la grosse lose à Mulhouse.
- C'était vraiment une super soirée.

Et donc, en résumé total de mon séjour en Alsace, je souhaiterais dire qu'entre la bouffe et la picole, je suis quand même bien contente pour mon foie de venir en France qu'une fois l'an.

Et puis ce fut le triomphal retour en Nouvelle-Zélande (nonobstant les QUATRE MILLE HEURES d'avion) (mais ils avaient Raiponce dans la liste des dessins animés, donc tout va bien) (j'ai pleuré devant tout l'avion quand Flynn est mort) (alors même que j'avais déjà vu le film et que je savais qu'il ne mourait pas) (oui bon mais j'avais pas dormi depuis 24 heures alors on va dire que c'était la fatigue nerveuse).

Sur ce, je te laisse avec des photos des Vosges parce que c'est beau (même si ça vaut pas la Nouvelle-Zélande):)









A bientôt pour de nouvelles aventures au pays des Kiwis!

mardi 4 novembre 2014

Rapport Alsacien, partie I : vitiligo, hormones et sang qui gicle


Comme tu as pu le remarquer par mon absence quasi-totale du Net, j'étais partie en vacances.

Quoique "vacances" n'est pas vraiment le meilleur mot pour désigner mon séjour en Alsace. Je pense que "marathon bouffe-picole-famille-potes" serait plus approprié.

Car c'est véritablement un marathon qui s'est opéré ce mois-ci, entre les montagnes de bouffe ingurgitées (Weight Watchers bonjour) (on se reparle dans un an, quand j'aurai perdu les 10 kilos que je trimballe sur ma carcasse boursouflée) et l'emploi du temps de ministre histoire de caser tous les gens que je voulais voir (han mais j'ai trop d'amis-an!) et les rendez-vous chez les multiples médecins pour se faire BIEN FLIPPER SA RACE:

- ...Et donc comme mon oncle a fait un mélanome je me suis dit que ce serait bien de passer voir un dermatologue, histoire de faire un checkup complet. Comme en Nouvelle-Zélande la couche d'ozone est beaucoup plus mince, on entend beaucoup d'histoires avec le cancer de la peau....
- Vous savez, l'avantage du cancer de la peau, c'est que c'est un cancer qui se voit. Moi si j'étais vous je m'inquiéterais pas de ma peau, je m'inquiéterais de mes seins.
- Ah bon?
- Vous savez combien de personnes sont touchées par un mélanome? Une sur 300.
- Ah la vache, ça fait beaucoup quand m....
- Le cancer du sein, c'est une femme sur sept.




(Salut, c'est l'ambiance folle chez le dermato.)

Mais le médecin a été très sympa quand même, il m'a filé une petite plaquette sur comment différencier un grain de beauté d'un mélanome (comme je suis sympa je te file le résumé : il faut surveiller les grains de beauté d'un diamètre de plus de 5 mm, et il faut s'inquiéter s'ils ont des bords irréguliers ou plusieurs couleurs).

Par contre, j'ai été un peu prise de court, parce que je venais principalement pour discuter d'un grain de beauté gênant sur le côté de ma tête, et que le dermato m'a répondu ça:

- Non, ce grain de beauté n'est pas dangereux. On peut l'enlever si vous voulez, mais il ne pose pas de problèmes.
- Ah ben c'est coo....
- Par contre vous avez du vitiligo.
- Du quoi?

Et c'est comme ça que j'ai appris que la tache toute blanche sur ma main, et les zones toutes blanches sur mes coudes, n'étaient pas des restes de cicatrice comme je le pensais au départ, mais étaient une maladie de la peau qui cause la dépigmentation des cellules.

Ce qui a causé plein de questions, évidemment:

- Ça va s'étendre?
- Probablement.
- Ça va s'étendre beaucoup?
- On ne peut pas le savoir à l'avance.
- Je vais en avoir sur le visage?
- On ne peut pas le savoir à l'avance.
- Les taches que j'ai déjà, elles vont grossir?
- On ne peut pas le savoir à l'avance.
- C'est possible que ça se résorbe?
- Ça arrive, dans de rares cas. Mais on ne peut pas le savoir à l'avance.



AH BEN TROP MERCI MICHEL, HEUREUSEMENT QUE T'AS FAIT DIX ANS D’ÉTUDES, DIS DONC.

Mais en fait il s'avère que ce n'est pas de la faute de mon dermato, parce que le vitiligo est une maladie bien chelou. En gros : on sait pas d'où ça vient, on sait pas comment ça évolue, on sait pas comment le soigner, on sait pas comment le prévenir.

(Youhou.)

On sait par contre que c'est complètement inoffensif et que c'est juste moche, mais pas dangereux. (C'est déjà ça.)

Après une longue discussion avec le médecin et des heures sur le Net à chercher des infos, je sais donc que:

1. Je peux dire adieu à mon idée de deuxième tatouage, parce que le vitiligo KIFFE se fixer sur le tissu cicatriciel.
2. Du coup, faut que je fasse bien gaffe à ne plus me cogner partout (ce qui, avec mes deux pieds gauches et mes doigts en beurre, risque d'être bien marrant) et à éviter de gratter croûtes, boutons et autres piqûres de moustique, surtout au visage.
3. Je dois me protéger à mort du soleil, car le kif n°2 du vitiligo, c'est de se fixer sur des coups de soleil. Donc manches longues, protection 50, chapeau et tout le toutim tout l'été, et interdiction de bronzer à vie. (Heureusement que Professeur Flaxou est un geek avec une âme de goth, mon teint pâteux le ravit déjà.)
4. Même avec toutes ces précautions, le vitiligo va quand même continuer à s'étendre jusqu'à ma mort, et donc dans quelques années, il y a de bonnes chances que je ressemble à une vache Charolaise.

Mais pour l'instant tout va bien, donc on respire et on décrispe ses petits poings.

(Finalement, ce qui m'emmerde le plus, c'est l'interdiction du tatouage. Parce que bon, éviter les cicatrices et se protéger du soleil, je le fais déjà, donc c'est pas le truc le plus contraignant du monde.)

(J'avais une trop bonne idée en plus. Un truc avec une fougère, ça allait être grandiose.)

(Bref bref.)

Je suis aussi allée voir la gynéco pour me faire poser un implant contraceptif. D'ailleurs j'ai bien rigolé en lisant la liste des effets secondaires:



Donc c'est un peu la roulette russe entre prise de poids et perte de poids, mais je me fais pas d'illusions, toi et moi on sait très bien de quel côté ça va pencher.

(Dans la même veine, "augmentation du volume des seins" j'en doute fort, mais "augmentation de la pousse des poils, je sais pas pourquoi, mais j'ai bien l'impression que ça va être pour ma gueule.)

PS bonus: Professeur Flaxou a lu la liste ci-dessus, a vu "diminution des pulsions sexuelles", et a fait:



Mais j'ai surtout bien flippé en voyant que la notice avait aussi des petits schémas explicatifs pour apprendre aux médecins comment insérer l'implant:



Heu mais? C'est-à-dire que les professionnels de la santé ne savent pas à l'avance comment mettre ce truc dans mon corps?

T'es en train de me dire que des gens qui ont Bac+8 ont besoin de petits dessins pour leur montrer comment ça marche, ce bordel?


Parce que là c'est un peu flippant, je trouve.




(Ah bah ouais quand même, ce serait bête hein.)


D'autant plus flippant quand tu vois la gueule de l'engin:




(3615 agrafeuse des Enfers.)

Mais bon, ça s'est pas trop mal passé: la gynéco m'a fait une petite piqûre d'anesthésiant, m'a dit "Regardez les photos de bébés la-haut", j'ai levé les yeux, je me suis dit que quand même y'avait un sacré ratio de bébés bien laids, et puis j'ai réalisé qu'elle essayait de me distraire, et j'ai baissé les yeux juste à temps pour voir la grosse aiguille sortir de mon bras en y laissant l'implant, et mon bras se mettre à pisser le sang avant que la gynéco y applique une compresse en faisant "oh là là oh là là, bon c'est fini!".

Donc c'est cool, je suis officiellement une femme bionique, et j'arrête pas de toucher cette petite barre alien qui affleure juste sous ma peau (et de proposer à tout le monde de faire de même, parce que j'aime bien voir les gens pâlir de dégoût) (les gens sont des chochottes).



(En plus y'a aucune trace à part le trou de l'aiguille.)

Moi je l'aime bien, mon implant, maintenant que le bleu a guéri et qu'il ne me fait plus mal. J'avoue qu'après neuf ans de pilule, ça fait bien plaisir de se réveiller des fois la nuit avec la vieille angoisse au ventre : "Han j'ai pas oublié ma pilule?" Avant de faire "AHAHAHA NON".

Mais sinon ça va, j'ai pas fait que de me faire ausculter pendant mes vacances.

Je suis aussi passée aux dons du sang.

Vu que ces tard-bâ de Kiwis ne veulent pas de mon (pourtant super bon) sang sous prétexte que j'ai vécu en France pendant les années 90 et que donc j'ai peut-être la vache folle, j'ai profité d'être en France pour aller donner mon sang, vu qu'ici ils sont pas trop regardants là-dessus (enfin un peu, mais bon, ils peuvent pas se permettre d'exclure tous les Français sur le principe, je pense).

Donc je suis allée au bâtiment permanent de l'EFS à Strasbourg, et j'étais bien dég.

Parce que ça fait des années que j'habitais à côté de ce bâtiment, mais que j'allais toujours aux collectes mobiles comme une grosse quiche. Genre ça me plaisait de faire la queue dans des gymnases et de manger du pâté de volaille qui pue sur du pain d'il y a une semaine.

Alors qu'au bâtiment permanent, c'est le Ritz ma petite dame!

Y'a des casiers pour ranger tes affaires, y'a des magazines (récents!) pour patienter pendant qu'on te pompe le sang, et y'a les fauteuils les plus confortables de l'univers (au moins) que je te jure que s'ils les vendent dans le commerce j'en achète un direct et tant pis s'il est pas beau, mais il est inclinable à volonté et y'a des hauts-parleurs dans l'appuie-tête. (Y'A DES HAUTS-PARLEURS DANS L'APPUIE-TETE!) Y'a même la télé!

(Et moi toutes ces années j'allais aux collectes de la fac comme une prolo, nan mais des baffes.)

Mais bon, j'avais quand même une humeur du tonnerre (je venais d'acheter une théière en fonte) (oui, il faut peu de choses pour me mettre en joie), mais visiblement c'était pas le cas de la madame docteur qui m'a auscultée:

- Vous avez eu combien de partenaires sexuels ces quatre derniers mois?
- Un seul.
- Et lui de son côté, il n'a que vous?
- Ben j'espère bien! Ha ha!



- Enfin.... oui. C'est oui.
- Mmmmbon.

Vas-y déride-toi Josie.

- Le poids, c'est toujours 64 kilos comme la dernière fois?
- Ha j'aimerais bien!



- Hm.... non. C'est plus ça.
- Mmmmmbien.

(C'est la fête du slip aux Dons du Sang.)

Et puis j'ai eu droit à plein de tests gratos, comme la prise de tension et la piqûre sur le doigt pour voir si j'étais pas anémique (bon plan: si t'as des tests de santé à faire, va aux dons du sang), et puis on m'a installée dans le fauteuil le plus confortable de l'univers et la dame avec la grosse aiguille est venue pour me piquer dans la veine. 

Mais en fait je crois qu'elle a piqué avec un peu trop d'enthousiasme, parce qu'elle a enfoncé l'aiguille et mon sang s'est mis à couler comme une fontaine dans le petit sachet à côté de moi.

Elle a regardé le sachet se remplir vitesse grand V, elle a dit:

- Ah c'est bien dis donc, ça coule bien!

Et puis elle s'est cassée s'occuper d'un autre gars.

Sauf qu'au lieu des 10-15 minutes qu'il faut d'ordinaire pour t'extraire une pinte de sang, là c'était bouclé et plié le temps de dire "tarte flambée". Du coup la machine s'est mise à biper qu'il fallait venir enlever l'aiguille avant que je me retrouve saignée comme un cochon. Mais la nana était occupée et elle ne venait pas. Et pendant ce temps, moi je regardais mon sac de sang, doucement bercé par la machine à côté de moi, et qui gonflait, gonflait, gonflait....

Je commençais juste à me dire que ça ferait un beau bordel si mon sac de 500 ml explosait dans la salle (ambiance Carrie au bal du diable) mais malheureusement la dame est venue me sortir l'aiguille du bras, donc on ne saura jamais si les sachets des dons du sang peuvent vraiment exploser.

Et puis je suis allée dans la cafétéria prendre ma collation. Je suis arrivée au bar en attendant qu'on me donne mon plateau, mais la nana m'a dit:

- Allez vous asseoir madame, je suis à vous dans un instant.

Je me suis dit que c'était pour éviter que je tombe dans les pommes, j'ai esquissé intérieurement un ricanement condescendant envers cette erreur de débutant (Je ne tombe pas dans les pommes, Madame, je suis une Viking) et puis je suis allée m'asseoir parce que je suis bien élevée et que quand quelqu'un en blouse blanche me dit de faire un truc, je le fais.

(Sauf si c'est Professeur Flaxou dans sa blouse de labo et qu'il me demande des faveurs sexuelles.)

(C'était bien tenté, Flaxou, mais non.)

Et puis la meuf est venue vers moi, mais sans plateau, et je commençais déjà à m'énerver parce que j'avais soif et que pardon j'ai sauvé genre trois vies aujourd'hui, c'est trop demander d'avoir un jus de pomme ou quoi?

Sauf que là, elle m'a dit:

- Alors Madame, qu'est-ce que vous souhaitez?

Moi, toujours troublée par mon plateau manquant, je lui dis:

- Ben.... à manger?

Là elle a rigolé, et elle m'a dit:

- Non je voulais dire: quel type de collation? Sucrée? Salée?
- Heu.... salée?
- D'accord. Eh bien écoutez je vous laisse regarder la carte et je reviens dans une minute.



LA CAFÉTÉRIA DES DONS DU SANG A UNE CARTE??!

Et une carte pas dégueu, en plus!

(Je t'avais dit que c'était le Ritz.)

Du coup c'était super cool, on m'a servi comme une princesse, j'ai eu mon litre de jus de pomme et mon assiette de charcuteries alsaciennes avec salade de lentilles et de pommes de terre, et j'ai même eu une madeleine pour le dessert, c'était le pied total laisse-moi te le dire.

(Je t'avais dit qu'il me fallait pas grand-chose pour être heureuse.)

Donc maintenant tu sauras que si tu fais un après-midi shopping à Strasbourg et que t'as un petit creux, tu peux aller aux dons du sang, c'est bon, tu manges à l’œil, et c'est même eux qui te remercient!

(Ah ça, c'est pas au PMU que tu trouves un service pareil.)

Et puis en plus après tu pourras frimer avec ton bleu de "je donne mon sang je suis une meilleure personne que toi" pendant genre une semaine!



(Ah ça, on est Viking ou on l'est pas.)

Rendez-vous bientôt pour parler de téquila et de messes en latin.

(Les teasers de fin de saison continuent!)