dimanche 16 novembre 2014

Petite leçon de zénitude, Part II (le retour de la revanche)



Donc ça y est, je suis enfin officiellement une résidente Néo-Zélandaise.

Ça fait dix mois que j'attends ce moment, et pas seulement pour pouvoir enfin brandir mon passeport aux gens dans la rue en criant "RESIDENT! I'M A RESIDENT AHAHAHAHAA!" (ce que je fais depuis trois jours) mais aussi et surtout parce que MON DIEU JE PEUX ENFIN ME PLAINDRE CA FAIT DES MOIS QUE J'ATTENDS DE POUVOIR ECRIRE CET ARTICLE.

(Pourquoi ai-je attendu que ma demande soit acceptée avant de me plaindre du ministère de l'Immigration sur Internet? Parce que je suis peut-être bête mais je suis pas suicidaire, merci.)

Pour tous les choupinous qui s'imaginent venir en Nouvelle-Zélande et y rester toute leur vie à faire des câlins à des moutons dans le bonheur total, je me dois donc de vous prévenir de ce qui vous attend avant que faire se puisse.

Alors, concrètement, comment ça se passe pour avoir une résidence?

Eh bien il faut commencer par remplir ce qui s'appelle une EOI, ou Expression Of Interest: c'est un pré-dossier qui sert à dire à l'Immigration "Eh, votre pays il est cool, je peux y rester genre pour toujours?". Il est assez facile à établir parce qu'on te demande grosso modo les mêmes infos et documents que pour un Visa Travail.

Une fois le EOI envoyé (ka-ching 350 dollars de frais non remboursables dans ta pomme), ton dossier est ajouté à la pile d'autres demandes. Le ministère de l'Immigration pioche alors les meilleurs dossiers dans le tas, donc ceux qui cumulent le plus de "points" (t'as des points pour tes diplômes, des points pour l'expérience de boulot, des points pour les membres de ta famille qui vivent en Nouvelle-Zélande, des points pour ta bonne santé, etc.)

(Oui, si tu es en mauvaise santé, ça t'enlève des points, c'est parfaitement discriminatoire.)

Une fois le dossier soumis, on reste plus ou moins assis sur nos culs pendant trois mois, parce que c'est l'Immigration qui va décider, dans le cas où ils choisissent ton dossier, de te recontacter. Si t'as pas de nouvelles, eh bah désolé gros, c'est 350 dollars dans ton cul et tu peux envoyer une nouvelle demande l'an prochain.

Dans mon cas, Hosanna au plus haut des cieux, mon dossier a été choisi, et j'ai donc reçu un mail de l'Immigration avec le dossier complet à soumettre dans les 4 prochains mois.

J'ai mis un mois à rassembler tous les documents nécessaires (ka-ching 600 dollars de frais de traduction), puis j'ai envoyé le tout à l'Immigration (ka-ching TROIS MILLE DEUX CENTS DOLLARS de frais de dossier non remboursables). Puis j'ai très vite reçu un email qui me disait en substance:

"On a bien reçu tous les papiers, on vous recontactera quand tout sera fait. A bientôt, gros bisous!"

(Bon j'ai ajouté le "gros bisous", mais le ton y était.)

J'ai patienté un mois et demi, puis j'ai reçu un e-mail d'une dame qui m'expliquait qu'elle avait été assignée à mon dossier la veille (qu'est-ce que le ministère de l'Immigration a bien pu branler pendant un mois et demi, l'histoire ne le dit pas) et m'annonçait les choses suivantes:

1. Paraît-il que je n'avais pas fourni de preuves de ma relation conjugale depuis mon arrivée en Nouvelle-Zélande, et qu'il fallait donc que j'envoie des preuves IMPÉRATIVEMENT TOUT DE SUITE SOUS PEINE DE MORT IMMINENTE.

Ce qui serait rigolo si j'avais pas garni mon dossier d'une lettre de nos colocs (expliquant que oui, Professeur Flaxou et moi on vit bien ensemble, on partage une seule chambre, des fois même ils nous entendent baiser alors bon j'vois pas ce qu'il te faut de plus), d'un relevé de banque de notre compte commun mentionnant nos deux noms, et d'une tripotée de photos qui laissent peu de place au doute concernant l'endroit dans lequel on se trouve :




(Mmmmmh, l'océan, des fougères partout....les Ardennes peut-être?)


(Oui, la Corrèze, sans aucun doute.)


(Alors, là, aucune idée....Vesoul? Thionville? Chambéry?)

Alors j'étais déjà passablement vénère que cette meuf ait de toute évidence même pas regardé l'intégralité de mon dossier avant de me balancer ses âneries, mais je te jure que c'était rien comparé à la suite de l'e-mail.

Dans la suite de l'e-mail, donc, madame Administration (bien vite renommée par mes soins "Connasse") m'expliquait que mon diplôme n'était pas reconnu par le ministère de l'Immigration, parce que mon université n'était pas reconnue. Et que donc je devais régulariser ma situation fissa en envoyant 450 dollars de frais de dossier et 500 dollars de traductions au département concerné, pour qu'ils fassent une petite recherche Google avec leurs gros doigts boudinés et qu'ils m'annoncent:

- Oui. Cette université existe. Heureusement qu'on était là pour vérifier, dis donc.

Ce qui en soi est déjà passablement énervant.

Sauf que.

Sauf qu'il existe une liste d'universités déjà reconnues par le ministère de l'immigration. Et que mon université est dans la liste. (Hallelujah!)

Mais....sous son ancien nom de Marc Bloch.

(Or, Marc Bloch a fusionné avec les autres universités de Strasbourg en 2009, et mon diplôme porte donc le nom "Université de Strasbourg".)

Donc, comme j'avais déjà raqué presque quatre mille dollars de frais de dossier non remboursables pour cette demande (qui pouvait encore m'être refusée à tout instant, je précise pour les naïfs qui penseraient que du moment que tu débourses une somme d'argent pareille, tu es en droit de t'attendre à un minimum de sécurité) j'avais pas spécialement envie de jeter 950 dollars en rab, pour le fun.

J'ai donc fort gentiment envoyé un mail à madame Administration en lui disant:

- Bonjour, l'Université de Strasbourg c'est le nouveau nom de Marc Bloch, voici un papier de la fac attestant du changement de nom et signé par le président de l'université. Maintenant vous seriez bien gentille d'arrêter de me traire comme une vache à lait, ci-mer.

Mais madame Administration a bien vite répliqué, en me disant la chose suivante :



En gros, ça dit:

- Bonjour, en fait on reconnaît que le nom de Marc Bloch et pas l’Université de Strasbourg, c'était bien tenté mais va te faire foutre.

(Pardon, Marc DE Bloch.) (Même pas foutue de lire sa propre liste, c'est quand même malheureux.)

Alors du coup j'ai un peu crié sur madame Administration par ordi interposé:



Et puis je me suis calmé, j'ai un peu pleuré ma misère, et j'ai envoyé mes derniers sous au gouvernement pour qu'ils me chient leur papier de merde, là.

MAIS comme je suis une fille tenace, j'ai quand même tenté de joindre madame Administration au téléphone pour lui demander des explications sur le pourquoi du comment.

Après trois jours infructueux et huit messages sur répondeur (qui disaient tous "rappelez-moi c'est urgent je vais mourir très bientôt"), je me résignai donc à envoyer un mail à madame Administration, dans lequel je lui racontai:

- Bonjour, conformément à votre e-mail précédent, j'ai fait une demande de reconnaissance de mon diplôme (preuves à l'appui). Par contre, est-ce que vous pourriez m'éclairer sur la raison pour laquelle mon université ne se trouve pas dans la liste? J'ai du mal à comprendre pourquoi le gouvernement refuse de reconnaître la même université sous un nom différent, quand il reconnaît les anciennes instances de la même institution.

Et là, je te demande de t’accrocher pour le mail de réponse de madame Administration.

Attention, remonte sur l'email précédent, et c'est parti pour le jeu des 7 différences!




(Oui, la police d'écriture est maintenant en bleu, bien joué!)

OK, donc en gros, la meuf me fait un copier-coller de son précédent email et me dit grosso modo ça:

- Meuf, j'en ai tellement rien à foutre de ta gueule que je vais même pas me faire chier à te donner une vraie réponse, je vais juste copier ce que je t'ai déjà dit, à savoir: ton université n'est pas sur la liste parce que va te faire foutre. Maintenant si tu pouvais fermer ta gueule ce serait parfait.

A ce stade, j'étais un peu comme ça devant mon PC:



Okay, donc laisse-moi résumer pour être sûre que j'ai bien compris:

La liste "récente" des universités (qui date de DEUX MILLE ONZE) ne mentionne pas mon université, même si elle a été rédigée après la fusion (en 2009). Le gouvernement est donc au courant de la fusion depuis maintenant CINQ ANS, mais n'a toujours pas ajouté l'Université de Strasbourg sur sa liste, parce que....?

La raison, on ne me l'a toujours pas donnée, mais je l'ai trouvée moi-même comme une grande:

Parce que si on la met sur la liste, tu ne paieras plus.

Et tant qu'on refuse de la mettre sur la liste, t'es obligé de payer une blinde.

Alors tu te doutes bien qu'on va faire traîner le processus aussi longtemps que possible, de toute manière on n'a de comptes à rendre à personne, maintenant allonge le fric, écarte les fesses et attends que ça passe.




(Une illustration du gouvernement néo-zélandais en attente de ses frais de dossier.)

Alors bon là, évidemment, je ventile ma colère, et j'ai pas peur de traiter le gouvernement de bande de gros caïds dont les méthodes d'extorsion feraient rougir la mafia russe elle-même, mais ça c'est parce que je l'ai finalement obtenue, cette résidence.

(Dix mois et des tonnes de sous plus tard, merci bien.)

Donc maintenant, je suis à l'aise dans mes baskets, en mode fuck le système:



Mais crois-moi qu'à l’époque, je faisais moins ma maligne.



Bref.

Mes aventures n'étaient donc pas finies à ce stade, puisqu'il me fallait maintenant croiser le fer avec la NZQA, alias l'organisme gouvernemental qui est chargé de reconnaître la validité des diplômes obtenus à l'étranger, en leur attribuant des équivalences néo-zélandaises

J'ai donc envoyé un autre dossier, qui comprenait mes diplômes originaux, une traduction officielle, ainsi que TOUS mes relevés de notes de tous mes semestres de fac, et même ceux du Bac, eux aussi accompagnés de leur traduction.

(Avis aux gens qui veulent déménager en Nouvelle-Zélande et se demandent quels papiers emmener avec eux: la réponse est TOUT. Sérieusement, emmène tous les papiers qui mentionnent ton nom quelque part. Les factures de gaz, les bulletins de troisième, la fiche de paye de ton job d'été chez Carrefour en 2005, la déclaration de JAPD, le carnet de santé, ton passeport périmé, emmène TOUT.)

Un courrier recommandé et 950 dollars plus tard (à ce moment j'avais arrêté de pleurer sur mon argent perdu, sinon ça fait couler mon maquillage et oh tu crois que j'ai les moyens de racheter du mascara?), mon dossier arrive au QG de Wellington et on m'indique :

"Salut Charlotte, on a bien reçu votre dossier. La procédure de vérification prendra environ 35 jours ouvrables, merci de votre patience, gros bisous, amour et paix sur la terre."

A ce stade, je te le dis, j'étais confiante, j'étais zen, la vie était un champ de fleurs.

Trente-cinq jours ouvrables plus tard, je faisais moins la fête.

Sans réponse, j'ai donc gentiment appelé la NZQA, où la dame de la réception me dit:

- Ah oui! Votre dossier vient tout juste d'être assigné hier!
- Ah bon? Mais ça fait déjà 35 jours que vous l'avez reçu!
- Ah oui oui, on est super débordés en ce moment, oh là là, vous avez pas idée du retard qu'on a sur les dossiers.

(L'honnêteté Kiwie m'étonnera toujours.)

J'ai donc ensuite été transférée à Cathy, la dame qui s'occupait de mon dossier, et qui m'a très logiquement indiqué que bah désolée, mais elle a reçu le dossier hier donc elle a pas encore trop eu le temps de s'y mettre.

Une semaine plus tard, j'ai reçu un email de Cathy m'annonçant:

- Bon alors je suis en train de faire les vérifications, mais alors je comprends pas ce que c'est qu'un "DU" ou "Diplôme d'Université". Je n'arrive pas à trouver d'information sur le site du Ministère français de l'Education Supérieure. Vous pouvez m'aider à clarifier ce que c'est comme diplôme?

Et franchement, j'ai pas envie de dire du mal de Cathy, parce que c'était une dame vraiment sympa et qui faisait du mieux qu'elle pouvait avec les moyens qu'on lui donnait.

Par contre, j'ai très très envie de dire du mal de NZQA, l'organisme qui m'a taxé 450 dollars de frais de dossier et qui est même pas capable de donner à ses employés de quoi faire leurs recherches convenablement.

Parce que, si ces 450 dollars ne passent pas dans des frais de recherche (comme d'engager quelqu'un qui parle français pour discuter avec la fac ou faire des recherches sur les sites français, par exemple), alors où va toute cette thune? Puisque visiblement, la seule "vérification" dont s'occupe la NZQA est grosso modo une recherche Google glorifiée, et que quand ça coince c'est à moi de tout leur chier dans les mains, j'ai du mal à comprendre à quoi sert tout le blé que je leur envoie en mode "make it rain" depuis des mois.




(Prends mon argent, PRENDS-LE!)

Mais bon, tout ça c'est pas la faute de cette pauvre Cathy, donc je lui envoie un gentil mail en lui expliquant ce que j'ai trouvé sur Wikipédia (sources fiables bonjour), à savoir qu'un DU c'est comme son nom l'indique un diplôme décerné par une université, et non pas par le Ministère de l'Education Supérieure, et que du coup il n'est pas officiellement reconnu par l'Etat Français, mais sur le marché du travail.

Là, pour être tout à fait honnête, je m'attendais à ce qu'il y ait une couille dans le potage. Du style:

- Han mais si c'est pas reconnu par l'Etat français alors comment voulez-vous qu'on l'accepte!

Puis:

- Han mais si la NZQA n'a pas reconnu l'intégralité de vos diplômes alors comment voulez-vous qu'on vous donne la résidence!

Mais il s'avère que sur ce point j'ai été mauvaise langue, puisque quelques jours plus tard à peine, j'ai reçu mon évaluation NZQA, que j'ai envoyée fissa à l'Immigration.

Et là, j'avoue, j'étais peinarde. Parce qu'on était en septembre, que j'avais encore trois mois avant l'expiration de mon visa travail, et qu'il ne restait plus qu'une seule procédure pour l'Immigration: contacter mon employeur.

Mais les embûches n'étaient toujours pas finies (sinon ce serait pas drôle).

Car, avant de contacter mon employeur, la connasse de l'administration m'envoie un mail disant:

- Bonjour Charlotte, d'après votre dossier vous avez indiqué occuper le poste code A344B, seulement voilà c'est pas possible parce que c'est un poste qualifié que que vous, vous êtes payée pire qu'une employée de chez Burger King. Donc choisissez un autre poste de niveau inférieur, ci-mer.

Là j'étais bien embêtée.

Parce que l'Immigration te file une liste de postes avec des codes, et les emplois ont des paliers en fonction de leur nieau de qualification. On a donc :

- Level 1: niveau Bac + 3 et supérieur, ou 5 ans d'expérience
- Level 2: niveau Bac, ou 2 ans d'expérience
- Level 3: niveau "je sais à peu près lire et compter"

Or, moi j'avais choisi le poste qui décrivait mon boulot, et qui était Level 1. Ce que je ne savais pas (car ces coquinous de l'Immigration ne le montrent pas sur leur site) c'est que les "Levels" reflètent non seulement le niveau de qualification, mais aussi les salaires.

Et la dame de l'administration de m'expliquer donc que c'était pas possible avec mon salaire de prétendre à un poste Level 1, puisqu'il aurait dû être TROIS FOIS plus élevé.

(C'est toujours sympa de se rendre compte à quel point on se fait baiser par ses employeurs.)

Du coup, j'ai envoyé un email à la madame (puisqu'elle est pas joignable par téléphone, rappelle-toi) en expliquant que OK j'étais pas super bien payée, mais que ce boulot c'était réellement mon boulot, et n'y avait-il pas moyen de passer au bureau pour vérifier que ce que je disais était vrai?

Chose à laquelle elle a répondu:

- Effectivement, on pourrait faire ça. Mais s'il s'avère que vous occupez réellement un poste de Level 1 sans avoir le salaire adéquat, votre entreprise serait alors frauduleuse, et je serais forcée de mettre votre employeur en examen. Et pendant toute cette période, votre demande de Résidence serait suspendue.

Donc j'ai réfléchi. J'ai réalisé que mon visa travail expirait dans 2 mois, et qu'un nouveau visa travail ça me coûterait dans les 500 dollars. J'ai calculé que j'avais déjà dépensé 5100 dollars dans cette demande de résidence et que ça commençait à faire beaucoup, j'ai dit "fuck it" et j'ai rempli ma fiche avec un poste Level 2 de gros gogol, qui correspondait à grosso modo 5% de mon boulot.

(Ah, il a fière gueule mon dossier, avec un job qui dit "J'remplis des papiers et des fois j'agrafe des documents! Wouuuuh! Responsabilités!")

Ce qui m'a causé fortes angoisses et sueurs froides évidemment, parce que j'étais quasi-persuadée de me réveiller un matin face à un mail de l'Immigration me disant:

- Dis donc ma petite dame, vous en avez pas marre de nous faire perdre notre temps? On peut pas vous donner la résidence avec un job aussi minable!

(Puisque, rappelle-toi, les qualifications rapportent des points.)

Et puis on était fin septembre, et puis on était début octobre, et on était sur le point de partir en France et il ne restait plus beaucoup de temps sur le visa travail, et je commençais déjà à faire des cauchemars des flics me jetant les menottes et m'embarquant dans un charter pour Paris, quand soudain:


Un moment de paix, un moment de calme, un moment de joie et d'amour, un moment de répit dans cette galère: deux jours avant mon départ pour la France, ma résidence était enfin ACCEPTÉE.



Enfin, acceptée sous deux conditions (te réjouis pas trop vite):

1. Je devais envoyer mon passeport à l'Immigration pour qu'ils collent mon visa résident dedans (logique).

2. Je devais payer 620 dollars, parce que ta gueule, paye (un peu moins logique).

Et je ne déconne pas, c'est littéralement l'explication qu'on m'a faite, "il faut payer parce qu'on te demande de payer", c.f. ce magnifique email de l'Immigration:





Nan mais c'est cool, ça fait seulement CINQ MILLE SEPT CENT VINGT DOLLARS que j'aurai dépensé pour avoir cette résidence. Ça va, c'est pas abusé. Ça fait seulement 3600 Euros, hein, j'veux dire c'est normal de faire payer des immigrés 3600 Euros pour leur faire un visa. C'est pas comme si c’étaient des gens qui venaient avec zéro sous et des yeux pleins d'espoir pour chercher une vie meilleure, surtout.

Mais bon ça va, c'est des sous qui vont servir à donner des cours d'anglais aux gens qui ne parlent pas la langue, et à faire des études sur l'impact de l'immigration (Tu le veux, mon impact? Un putain de cratère sur mon compte en banque, ça te va comme impact?)

Bref.

C'est pas grave, maintenant tout ça c'est derrière moi, je suis résidente permanente, joie et bonh....

Ah non.

En fait non.

EN FAIT PAS DU TOUT.

En fait je suis résidente permanente... mais seulement si je ne quitte plus jamais le sol néo-zélandais.

Explications: les visas résidence sont techniquement valides indéfiniment, MAIS la libre circulation du résident en dehors du territoire, elle, a une date d'expiration.



Ça veut dire que, pendant deux ans, je suis peinarde et je fais ce que je veux. Et ensuite, a partir de fin 2016, mon visa est toujours valide, MAIS si je quitte la Nouvelle-Zélande ne serait-ce qu'une-demi journée, il expire et on ne me laisse plus rentrer.

Donc, pour éviter cette situation quelque peu fâcheuse, une fois mon permis de voyage expiré, je vais devoir faire une demande de résidence permanente, qui, elle, me donnera libre circulation jusqu’à la fin des temps.

Comment obtenir la résidence permanente? Tres facile: il faut prouver qu'on réside en Nouvelle-Zélande depuis 2 ans (fiches de paie, factures etc.) et...il faut....allez, devine?




Gagné.


(Eh ben les enfants, on n'est pas sortis de l'auberge.)

Conclusion: la Nouvelle-Zélande, c'est le meilleur pays du monde, et je le pense toujours très sincèrement.

La criminalité est basse, le marché de l'emploi est dynamique, l'air est pur, y'a de la place partout, les gens sont gentils, y'a jamais besoin de se garer en créneau, toutes les rues sont propres, tout le monde sourit tout le temps, le harcèlement de rue n'existe pas, et bon, les paysages, j'ai pas besoin de te le rappeler.

Mais, au cas ou ça te donnerait envie de venir t'installer ici, j'ai quand même décidé de faire cet article. Pour te rappeler que le meilleur pays du monde, ça se MÉRITE.

(Dans le sang, la sueur et le pognon.)

Sur ce, je te laisse, je vais manger des pâtes à l'eau.

(Pendant genre trois mois.)

A bientôt pour de nouvelles aventures!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire