samedi 16 janvier 2010

Car le bois, c'est merveilleux



J'ai grandi dans la montagne.

(Au cas où t'as zappé les huit cent derniers messages de mon blog.)


Chez moi, construire des choses artistiques avec des produits naturels, c'est un sport national. Presque toute la famille s'y met. (Tout le monde sauf ma soeur. Ma soeur elle aime pas les choses qui viennent de la nature, elle trouve que ça pue. Son métier c'est changer des couches pleines de diarrhée, mais de l'écorce de sapin, ça pue. Tout à fait.)


En 1995, on a fait un petit train avec les aiguilles du mélèze du jardin (avec la locomotive et tout), mais je l'ai cassé en voulant m'asseoir dessus.


En 1996, on a fait un igloo en utilisant uniquement la neige de la terrasse. Il était tellement solide qu'il a duré jusqu'à mars, et je l'ai utilisé tout l'hiver pour stocker mes armes en bois : un arc, des flèches, une épée, un bouclier, un nunchaku, une morgenstern avec des clous et tout, et un bâton chamanique qui n'était pas tout à fait une arme, sauf si on y croyait vraiment très fort. (Mais faut pas croire, mon papa était très vigilant au sujet des armes dans les mains de sa fille de huit ans : il m'a pas laissé planter les clous dans la morgenstern moi-même, c'était dangereux.)


En 2000, quand le peuplier est tombé à cause de la tempête, on a fait des planches nous-mêmes pour construire une cabane dans les arbres. (Assez grande pour que trois personnes tiennent dedans, et avec tout le confort moderne : échelle, mot de passe intégré, stock d'arme, bonbons chourés à Mamie, la totale.)


Et évidemment, chaque année où il y a de la neige (donc chaque année, quoi), on fait un bonhomme de neige.


Alors maintenant des gens se foutent de ma gueule, pour pas les nommer, Sarah, Flaxounet et Floxinou (j'adore ces surnoms). Soi-disant que je suis idéaliste, et maniaque, et psycho-rigide.


Attention, je ne dis pas qu'il y a pas eu des temps difficiles. Certaines années, il y avait pas assez de neige. Certaines années, la neige était poudreuse et ne collait pas, et on devait verser de l'eau sur le bonhomme en formation et attendre que ça gèle. Et puis bien sûr, il y a eu cette terrible année où on venait de donner la dernière carotte à l'âne de Saint Nicolas, et où on a dû fabriquer un nez avec un litchi (ça lui donnait un air de soûlard assez marrant).


Mais y'a des trucs qu'on fait pas. Comme construire un bonhomme de neige sans cou. C'est de la cruauté pure et simple. Après, quand il prend vie la nuit, il peut même pas tourner la tête pour regarder autour de lui.



(Bon j'aime pas trop cet article, mais j'aime beaucoup cette photo, et je voulais prouver à Sarah qu'on peut faire des bonshommes de neige avec un cou. Mais vous inquiétez pas, je suis en train de vous concocter un article aux petits oignons, ça viendra bientôt.)

1 commentaire:

  1. Chez moi y'a jamais assez de neige pour faire un bonhomme de neige. Alors aucun problème de cou ou de nez.

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