vendredi 7 novembre 2008

un coton dans chaque narine et plus jamais je me mouche


(Ça, c'est moi quand je suis malade. Fraîche et pimpante, les cheveux doux et la mine gracieuse. Tout à fait.)


Oyez oyez
chères ouailles en attente d'un moindre billet doux de ma part, je vous parle aujourd'hui du seuil de la mort.


Parfaitement.


Bon aujourd'hui, à part le "j'ai mal à la gorge quand j'avale" que vous avez déjà tous vécu un jour où l'autre de ce mois pourri qu'on nomme novembre, ça va pas trop mal. C'est donc définitivement prouvé que l'Actifed marche mieux que le Dolirhume, et le Rhinadvil je vous en parle même pas parce que sinon je vais m'énerver. J'ai jamais dépensé de l'argent aussi inutilement depuis la fois où la machine à cochonneries elle a pas voulu me donner mon Schoko-Reis (même pas les anneaux qui bougent et qui stoppent, que dalle, juste "vous avez mis un euro et vingt-trois centimes dans la machine, maintenant barrez-vous")


Donc mardi soir j'ai failli m'évanouir dans un couloir de Schltigheim en attendant mon élève (mais j'ai quand même fait mon cours, je suis une warrior) et puis j'ai passé tout le mercredi à me plaindre à Porfesseur Flaxou qui était resté s'occuper de moi au lieu de son ordinateur, pour l'occasion.


- J'ai soif, tu vas me chercher un verre d'eau? Je mangerais bien de la compote. De la Andros ça me va. Mais réchauffe-la au micro-ondes parce que quand je suis malade je mange que de la compote tiède. Pas chaude, hein. Tiède.


Comme ça toute la journée.


- Oh j'ai mal à la tête, viens me masser le crâne. Nan en fait dégages tu m'énerves. Va faire la vaisselle.


Des fois je disais des trucs rien que pour voir s'il allait vraiment le faire.


- J'ai l'impression que j'ai de la fièvre, c'est horrible, je vais mourir. Tu vas m'acheter un thermomètre?


Et il l'a fait. Un thermomètre trop classe en plus, un qui se met dans la bouche.

- Je persiste à dire que la température serait plus exacte si tu le mettais ailleurs.

- Ouais ben on va dire que je m'en fous.

Un thermomètre digital, qui sonne quand il a fini de calculer la température. C'était comme un nouveau jouet dans la maison des no-life.

- Tente-huit cinq !

- A moi, à moi !

- T'es même pas malade connard.


Et je ne vous parle même pas de la propagation des microbes et des virus pathogènes potentiellement tueurs qui sont véhiculés quand on s'échange les thermomètres comme ça. Mais bon, on va dire que c'était pour l'avancée de la science.


- Trente-six !

- Trente-six ?


Je le pressentais depuis longtemps, et à présent j'en ai la preuve par la température : Professeur Flaxou-j'aime-les-méduses est un cyborg envoyé du futur pour détruire la terre. Si je le poignarde avec un couteau, ça fera juste un court-circuit.


Cela dit, pour un cyborg, je l'ai trouvé assez attentionné :


- Tu veux un coussin pour ta tête ? Du chocolat ? Un Mac Do ?

- Beurk non, si je mange du gras je vomis. Même rien que de penser à un hamburger dégoulinant de graisse, là, je suis prête à me lever et à vomir sur ton T-Shirt.

- Sympa.

- Oh c'est bon, il est déjà sale.


Après il m'a demandé si je voulais voir un film. C'était pas le truc à dire, parce que quand je suis malade, j'ai des réflexes de quand j'étais petite qui me reviennent (vu que les dernières fois où j'ai été malade j'avais genre neuf ans).


Quand j'étais petite et que j'étais malade, je mangeais que de la compote (tiède hein, vous suivez ?) et de la semoule avec de la confiture, et j'avais un pyjama spécial pour la maladie, tout doux avec des hérissons dessus.

Et surtout, quand j'étais petite, je regardais toujours Star Wars quand j'étais malade. C'était les seules fois où ma mère m'autorisait à les voir, sinon ça l'énervait, elle éteignait la télé en grommelant qu'est-ce que c'est que ces conneries avec des épées fluo qui m'a fichu une fille pareille va donc ranger ta chambre.

Donc là j'avais envie de voir Star Wars. Les épisodes bien hein, ceux avec Han Solo mon amour et les petits Ewoks cromeûgnons, le Yoda en marionnette qui faisait carrément plus réel et les extraterrestres bricolés avec un mec qui avait la main dans une chaussette. Pas ceux avec Anakin Skywalker et son monochrome d'expressions et Jar Jar Binks alias "Mon Dieu George mais qu'est-ce que t'avais bien pu t'injecter quand tu as tourné cet épisode".

Donc j'avais envie de voir Star Wars, et j'avais pas les DVD. Eh ben croyez-le ou pas, mais Professeur Flaxou, il était prêt à traverser la ville en vélo dans le vent et le froid de novembre pour aller les chercher chez lui. On l'applaudit bien fort.


J'ai même fait miroiter habilement des tentations, telle la sirène d'Ulysse, pour qu'il cède. C'était très discret et habile.


- Non, mais tu peux y aller tu sais. Ton jeu t'attend sûrement, et puis moi je suis bonne à rien, je fais que dormir...Tu peux y aller hein. Moi je resterai là, pelotonnée dans le noir, à me laisser mourir.


Ben il est resté quand même. La classe.


Le lendemain j'avais plus de fièvre. Je me suis douchée et habillée et tout, j'aurais peut-être même mis du maquillage si j'avais pas eu la flemme du post-maladisme.


- Ça fait plaisir de voir que tu vas mieux.

- Parce que tu vas mal quand je vais mal?

- Non. Parce que je vais enfin pouvoir rentrer chez moi et jouer. J'ai un nouveau clavier rétro-éclairé, j'aurai plus jamais besoin d'allumer la lumière de toute ma vie !

Vivement la prochaine épidémie.

1 commentaire:

  1. Aujourd'hui, faute de n'avoir aucun copain aussi attentionné que le Professeur Flaxou, mon meilleur ami est resté avec moi, supportant mes crises de maladie.
    Je dois être un peu comme toi, quand je chope un quelconque virus, je crois que je vais mourir. Et c'est cool d'avoir des gens qui supportent vos gémissements de plaintes et vos ordres :

    - Mais j'avais dit aux noisettes le chocolat ! Tu le fais exprès ou quoi? Bouhouhou pourquoiiiii?!

    Ahem.

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